La communauté urbaine Marseille Provence Métropole conduite par le PS Eugène Caselli, a reconduit vendredi le principe d'une délégation de service public pour la gestion de l'eau, en vigueur depuis 51 ans, renonçant à une régie pour un problème de coût.
Principal argument avancé par le Président de la communauté pour justifier cette décision : "Compte tenu de l'endettement de la communauté urbaine, nous n'avons pas les moyens de passer en régie", C'est ainsi que les élus UMP et la majorité des élus socialistes, sur la même longueur d'onde et sans états d'âmes ont voté largement en faveur d'une délégation de Service Public aux conséquences fortement néfastes pour les populations concernées. Si vous aviez un doute, le voilà éliminé, nous sommes bien, dans ce cas soumis et impuissants face aux manœuvres du capital.
Les élus Europe Écologie-Les Verts, MoDem et Front de Gauche ont voté contre ou se sont abstenus sur les deux rapports soumis au vote, les élus UMP confirment sans surprises leur conviction tandis que les élus PS dévoilent sans trop de complexes leur addiction à l'ultra libéralisme.
Le coût estimé d'un passage en régie pour la métropole Marseillaise serait d'environ 150 millions d'euros avec rachat des actifs, investissements à réaliser et le transfert du personnel du privé vers le public. Face à cet argument dont vous conviendrez qu’il est discutable, les conseillers communautaires MPM s’apprêtent à signer un nouveau bail de 10 à 15 ans au monde du capital !
Sur le territoire de MPM, 16 communes sont dans les bras du privé et deux communes en régie . Ce sont donc trois opérateurs privés, la Société des Eaux de Marseille (SEM, filiale du groupe Veolia), la Société d'exploitation du réseau d'assainissement de Marseille (Seram, filiale du groupe Suez) et la Seerc-Eaux de Provence (Suez) qui se partagent le "gâteau"
De nombreuses voix s'élèvent et dénoncent une concurrence faussée entre grands groupes et un manque de transparence dans la gestion de l'eau à Marseille. "Les maires disent qu'ils n'ont pas de problème avec le mode actuel", a avancé une élue UMP, Martine Vassal. Et les ménages en difficultés pour lesquels chaque euro compte, Mme VASSAL, ont-ils des problèmes avec le montant de leur facture d'eau ?
Le M3 facturé 3,15 euros dans la cité phocéenne depuis une baisse "miraculeuse" ou "opportune" de la SEM à hauteur de 5% reste tout de même très au dessus du coût en régie publique. Prenons un exemple concret à quelques encablures du vieux port :
L'intercommunalité MARTEGALE présidée par Gaby CHARROUX (Front de Gauche) dont voici les tarifs 2011 au M3 :
A) De 1 à 50m3 consommés, 0.388 TTC
B) De 51 à 100 m3 consommés 0.867 TTC
C) Au delà de 100m3 consommés 1.027 TTC
Soit une valeur moyenne au M3 de 0.76 TTC ( 4 fois moins coûteux que "l'exemple" Marseillais)
Qu'a t-il manqué à nos élus Marseillais intercommunaux ? Du courage, assurément mais certainement aussi plus largement la mise en œuvre d'une gestion prévisionnelle pertinente de l'argent public qui aurait permis ce salutaire retour en régie publique après.....51 ans de largesses au privé ?
Enfin, comment ne pas faire le parallèle entre l'exemplaire retour de l'eau en gestion publique réalisé par notre camarade Gabriel AMARD du côté des lacs de l' Essonne et ce mauvais coup porté à la population Marseillaise par une assemblée censée être avant tout à son service ? Réjouissons-nous de voir le Front de Gauche si près des préoccupations des "gens ordinaires" dont nous sommes partie intégrante et combattons cette insupportable distance qui parfois s’apparente à du mépris mise en place par une catégorie de "politiques" inconsciente de l'état économique et social de notre Pays.
Pendant ce temps là........le futur cahier des charges des nouvelles DSP serait en préparation (sic)
Guy Queytan et René Marion